Redécouvrons le passé de Constantinople et de son grand port, bâti par Théodose sur la rive sud de la ville, directement ouvert sur la mer de Marmara.

La décision de construire une liaison ferroviaire entre les deux rives du Bosphore, le projet Marmaray, a permis de redécouvrir cette infrastructure majeure de la Constantinople antique, enfoui sous la ville actuelle. En effet, la perte de l’Egypte dès le 7eme siècle coupe la capitale de l’empire romain d’orient de sa source de blé. Moins de nourriture, moins d’habitants, moins de commerce, un besoin d’installations portuaires qui se réduit. De plus, le port est installé à l’embouchure d’un cours d’eau qui progressivement l’emplit d’alluvions. A la conquête ottomane au 15e siècle, ce port n’existe déjà plus.

Le programme de fouilles archéologiques permis par la création de la future station d’interconnexion de Yenikapı a mis au jour près de 40 épaves très bien conservées, des squelettes animaux et humains, des objets de la vie quotidienne, simples ou précieux, des habitants de la capitale impériale. 

Cette histoire, bien qu’éloignée de nous, occidentaux, dans le temps et l’espace, est très importante pour nous. Constantinople et son empire fait partie de notre passé commun, sa vie, sa grandeur, son déclin, sa chute finale ont marqué l’histoire européenne et occidentale. Par bien des aspects, l’empire byzantin fut notre contact avec le monde arabo-musulman et notre compréhension de cette culture majeure reste marquée par la vision byzantine, mélange de compétition et de coopération (controverse iconoclaste, période des croisades) , illustrée par les conflits militaires et les échanges culturels et commerciaux. 

Ce port est une fenêtre ouverte sur notre passé lointain et intéresse les deux mondes. Comme souvent, en Turquie.