La communauté scientifique se rebiffe contre la condamnation d’un de ses membres qui a publié la thèse des frères Bogdanov pour en critiquer le caractère scientifique.
J’ai été un fervent spectateur des émissions de ces deux hommes dans les années 70 et 80. ils ouvraient les portes des médias à un genre jusque là totalement méprisé et snobé : la science-fiction.
Les frères Bogdanov ont-ils le droit d’être passionnés par la science et l’astrophysique ? Oui. Ont-ils le droit de vouloir faire de la recherche scientifique ? Oui. Mais dans ce cas là, ils doivent se soumettre aux règles de la recherche scientifique, dont l’une des plus importantes est la lecture critique des travaux.
La validité et l’importance du travail d’un chercheur vient de l’évaluation critique faite par ses collègues. Ce travail est donc nécessaire et ne peut pas être remis en cause.
De plus, la critique ne peut être faite que si les documents sont publics. La recherche scientifique se fonde aussi sur la mise à disposition des travaux de chaque chercheur. Prétendre qu’un document scientifique est soumis à “copyright” est une grosse ânerie.
Les frères Bogdanov veulent ici avoir le beurre et l’argent du beurre. Profiter de l’aura de séreux que confère le travail scientifique validé par les règles de cette discipline humaine, tout en gardant leur mode de fonctionnement de personnes médiatiques protégeant leur travail par le droit du copyright. Ces deux attitudes sont incompatibles, Igor et Grichka Bogdanov vont devoir choisir. En attendant d’avoir fait leur choix, ils ne peuvent légitimement prétendre être des scientifiques. Ils sont pour le moment tout au plus des animateurs télés fortement intéressés par l’astrophysique. La nuance est de taille.
