L’europe a été profondément marquée par la seconde guerre mondiale sur le plan architectural. Les destructions urbaines ont été immenses, de nombreuses villes européennes ont été bombardées, l’Allemagne a été en grande partie rasée.
Sur ces ruines, les architectes ont rebâti les villes, laissant libre cours, autant qu’ils le pouvaient à leur imagination. Villes presque entièrement reconstruites comme Caen, Brest, Berlin ou Le Havre, grands ensembles de logements pour absorber le baby boom, nouveaux bâtiments administratifs, immeubles de bureau, la ville européenne contemporaine est fille de ce conflit destructeur.
C’est pourtant une empreinte en creux, caractérisée par le vide, l’absence de l’ancien démoli. Il existe une autre empreinte architecturale de la seconde guerre mondiale, très concrete celle-là. Sur les côtes européennes, l’armée allemande avait bâti un réseau de bunkers pour contenir puis repousser une invasion de l’Europe par les puissances alliées : le mur de l’Atlantique. L’Allemagne nazie a été vaincue mais les bunkers sont restés.
Ces constructions en béton armé, aux murs et toits souvent épais de plusieurs mètres sont présents sur les côtes européennes, de la frontière franco-espagnole au nord de la Norvège. Depuis bientôt 60 ans, ils ponctuent les plages où viennent maintenant se reposer les peuples autrefois en guerre.

Jonathan Andrew les recherche, les photographie, les met en scène. Ces bâtiments oubliés, souvenirs d’un passé infâme, semblent le fasciner. Il en a pris quelques clichés extraordinaires.
Par ce travail, il nous pose aussi une question : qu’allons nous faire de ces cadavres d’un passé ténébreux ? Doit-on les garder ou les détruire ? Les classer ? Les préserver, les restaurer ou plus prosaïquement, les laisser se désagréger lentement ?